03 octobre 2009
Le Tutorat, promotion de l'égalité des chances et de la diversité
Favoriser l'accès aux grandes écoles à des jeunes issus de milieux modestes, en les accompagnant tout au long de leurs études supérieures, c'est l'ambition de certaines démarches de tutorat qui se développent actuellement. C'est aussi favoriser la promotion sociale, améliorer l'égalité des chances, promouvoir la diversité et développer des formes de solidarité intergénérationnelles.
Dans notre monde actuel, l'insertion des jeunes dans le monde du travail est d'autant plus facilitée que ceux-ci disposent d'un diplôme. Les travaux du Centre d'étude et de recherches sur les qualifications (Cereq) montrent que les jeunes avec diplôme sont très majoritairement dans l'emploi 3 ans après leur entrée dans la vie active. Et parmi ceux-ci, entre les deux tiers et les trois quarts bénéficient d'un CDI.
Au travers de ces actions de tutorat, réalisées par des bénévoles souvent eux-mêmes anciens élèves de l'enseignement supérieur, il s'agit d'accompagner de jeunes étudiants en classes préparatoires à des grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce. Cet accompagnement présente les bénéfices suivants :
- Pour les jeunes eux-mêmes, il permet - en concertation avec leurs enseignants - de rehausser leur niveau d'ambition et de surmonter les freins éventuels qu'ils pourraient rencontrer.
- Pour les entreprises ou les administrations qui les emploieront, il permet l'accès aux postes d'encadrement à des jeunes représentatifs de la diversité de la société.
Ces jeunes étudiants issus de milieux modestes rencontrent souvent de multiples difficultés pour poursuivre leurs études, puis ensuite s'insérer dans le monde de l'entreprise, même s'ils en ont le potentiel.
Outre les freins évoqués plus haut, le manque d'accès à l'information, ainsi que d'aides à l'orientation, peuvent les handicaper dans leurs parcours par rapport à ceux issus de milieux plus favorisés.
Ces actions de tutorat en faveur de l'insertion de jeunes étudiants, permettent aussi par voie de conséquence, une meilleure cohésion sociale de notre société. Cela permet également de créer à moyen terme des exemples de réussite scolaire, puis professionnelle, qui peuvent propager la confiance et l'envie nécessaire chez les autres jeunes issus des mêmes milieux.
Je me suis engagé dans le tutorat au sein du Cercle Passeport Télécoms. Il s'agit d'un partenariat public / privé entre sept entreprises Télécoms, l'Etat, les lycées et les grandes écoles. Etre tuteur, c'est accompagner des jeunes étudiants en jouant un rôle spécifique d'aide tout au long de leurs études supérieures. Le tuteur doit aider de façon complémentaire, mais ne doit pas se substituer aux parents - et plus généralement à la famille - ni aux enseignants qui conservent leur rôle essentiel et nécessairement différent.
Cet accompagnement, qui est aussi un encouragement, concerne particulièrement :
- La préparation aux concours, notamment le choix des écoles et l'entraînement aux examens oraux, préludes à de futurs entretiens d'embauche.
- La transmission de sa connaissance du monde du travail, par exemple pour les aider à trouver des stages, plus généralement son expérience, voire même son savoir faire.
- La sensibilisation des étudiants au fait qu'ils devront souvent changer d'emploi, et entretenir leur employabilité, en se préparant à une formation continue tout au long de leur carrière.
Mais c'est aussi un enrichissement réciproque, notamment pour le tuteur qui apprend lui aussi au travers de l'expérience rapportée par les étudiants.
Le tutorat d'un étudiant est un accompagnement dans le temps, et il doit aussi avoir une fin.
Cela peut paraître paradoxal au premier abord, mais j'ai été heureux lorsque l'un des étudiants que j'accompagnais l'année dernière m'a dit en fin d'année qu'il se sentait à l'aise pour terminer ses études et choisir sa voie professionnelle par lui même, et ainsi « voler de ses propres ailes ».
Il faut développer ces initiatives de tutorat, inventer des concepts analogues dans d'autres domaines, et leur ouvrir des perspectives d'avenir. Cela fait partie d'une démarche humaniste qui doit être encouragée par le politique.
Enfin, ne pourrait-on y voir dans l'avenir une nouvelle forme du compagnonnage qui avait pour principal bénéfice d'intégrer les nouveaux artisans dans leur cercle professionnel. Notre société individualiste, en déficit de lien social, et trop souvent déshumanisée, en aurait bien besoin.
Article publié en octobre 2009 dans le cadre du Forum de l'éducation sur le blog du MoDem à Issy-les-Moulineaux.
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26 avril 2009
Vers un modèle social européen
Construire un modèle social européen, ce sera le thème central du discours de clôture de François Bayrou pour cette quatrième convention thématique européenne à Hérouville-Saint-Clair : "Europe : l'urgence sociale".
Contrairement aux premières intentions de ses fondateurs, la construction européenne s'est jusqu'à présent focalisée sur des considérations de marché : économie, finance, circulations des produits manufacturés, etc.
Il s'agit maintenant de définir un modèle de solidarité qui doit être au cœur du projet de société européenne. L'Europe initialement ressentie comme une contrainte doit maintenant agir et être accessible et compréhensible pour ses citoyens. Si à court terme il serait illusoire de vouloir harmoniser les minima sociaux des 27 états membre de l'Union, il est en revanche tout à fait envisageable de définir des critères de convergence afin de tendre à moyen terme vers cette harmonisation, à l'instar de ce qui a été mis en œuvre sur le plan monétaire pour l'euro.
Cette convergence des modèles sociaux doit s'accompagner d'une concurrence équitable sur le plan environnemental, ce qui ne doit pas être assimilé à du protectionnisme, puisqu'il ne s'agit pas d'imposer des contraintes unilatérales aux pays importateurs, mais bien de les aligner sur les mêmes critères que ceux des états européens. De façon complémentaire, nous devons penser différemment les échanges dans le monde, en particulier dans les rapports "nord-sud" et notamment cesser les politiques "colonialistes" envers les pays pauvres d'Afrique, comme pour l'uranium du Niger.

Après un message de bienvenue de Rodolphe Thomas, maire MoDem d'Hérouville-Saint-Clair, cette convention thématique animée par Marielle de Sarnez, avait débuté par une introduction de Corinne Lepage, tête de liste pour la circonscription Nord-Ouest. Le thème de la convention thématique est particulièrement en adéquation avec cette région qui connaît à la fois les problèmes économiques et sociaux liés à l'industrie, l'agriculture, la pêche et aussi l'immigration (Calais). Le développement durable doit impérativement inclure un volet social. L'entreprise doit devenir socialement responsable, et en particulier il conviendra d'encourager celles qui possèdent un actionnariat stable, car ce sont celles qui permettent les conditions d'un climat social visant à la pérennité de l'entreprise. Corinne Lepage développera ces différents aspects dans sa conclusion de la première table ronde.
Puis de nombreux intervenants se succéderont au cours des deux tables rondes : acteurs de la politique sociale, du monde associatif, des universitaires ainsi que des syndicalistes. Fadila Mehal, candidate de la liste IDF aura aussi l'occasion d'intervenir pour soutenir la lutte contre les discriminations culturelles et religieuses. Bernard Lehideux candidat IDF également et spécialiste des questions sociales n'ayant pu être présent, il sera représenté par le coordinateur de son groupe-projet "Europe sociale". Ce que j'en ai retenu, outre les nombreux témoignages de terrain, notamment d'associations hérouvillaises, c'est que les avancées sociales nécessitent un climat de confiance entre les états membres. Jusqu'à présent, la croissance a permis le développement d'une union économique et monétaire mais nous assistons à une crise de la solidarité entre les états membres, due notamment aux pays qui n'ont pas joué le jeu. Le traité de Lisbonne comporte des éléments de nature à renforcer le rôle du parlement européen et permettre le développement d'une politique sociale. Ainsi, avec un nouveau contrat politique entre les états, il est possible de sortir de cette crise de solidarité par le haut, tant sur le plan social qu'environnemental.
D'autres thèmes seront développés par les intervenants comme la lutte contre les discriminations et la protection de l'individu, souffrant de lois de transpositions très mal faites, et méconnues de la plupart des citoyens européens.
Robert Rochefort, tête de liste pour la circonscription Sud-Ouest et directeur du CREDOC, reviendra sur un certain nombre de contre-vérités véhiculées jusqu'à présent comme par exemple le fait que le social entraverait le développement économique. L'ascenseur social qui fonctionnait pendant les "Trente glorieuses" est en panne et nous assistons à un affaiblissement des classes moyennes en Europe. Le "travailler plus pour gagner plus" n'a plus vraiment de sens notamment pour les classes moyennes supérieures. "Une société se juge à la façon dont elle traite les plus faibles".
A noter aussi, le plaidoyer tonique du directeur de la Comédie de Caen qui rappellera l'importance de la culture et sa complémentarité au volet social et proposera un certain nombre de mesures.
Harmoniser les politiques sociales et environnementales, développer des entreprises socialement responsables, investir davantage dans le capital humain en assurant l'employabilité, lutter contre les exclusions et aussi les inégalités notamment dans le domaine de la santé publique, sont autant de dispositifs concourant à construire la base d'un projet de modèle social européen fondé sur l'humanisme et le développement durable.
19:11 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, social, modem, bayrou, campagne, élections
29 mars 2009
Vers un humanisme dirigé

J'avais écrit en juin dernier un article appelant à la construction d'un nouveau "contrat social" contribuant au développement du "modèle européen".
Les tables rondes organisées par le Mouvement Démocrate lors de sa première Convention thématique européenne sur le thème "La France et l'Europe face à la crise" ont donné une vision beaucoup plus globale de la situation, maintenant que la crise financière et la récession économique se sont installées.
Nous vivons effectivement la fin d'un monde. Dans le domaine de l'économie, et plus précisément dans celui des grandes entreprises, il y a quelques années s'établissait une relation relativement équilibrée entre d'un côté, les capitaines d'industrie - véritables propriétaires de leurs entreprises - qui prenaient des risques patrimoniaux sur le moyen-long terme et se rémunéraient sur les bénéfices variables ; tandis que de l'autre les employés travaillaient en échange d'un salaire fixe. Les premiers ont depuis été remplacés par les "nouveaux managers" appointés par des actionnaires qui ne se comportent plus comme de véritables propriétaires. Leurs objectifs sont principalement financiers et court-terme : augmenter les dividendes pour satisfaire les actionnaires avec des taux de rentabilité inégalés et valoriser l'action le plus possible pour en bénéficier lors de la vente des "stock-options" ; des "bonus de bienvenue" ainsi que des "parachutes dorés" viennent compléter leur rémunération. Les seconds ont vus leurs contrats de travail se précariser, ce sont eux qui supportent désormais l'ensemble des aléa de la gestion de l'entreprise. Le système est totalement déséquilibré, le contrat social n'existe plus.
Parallèlement à cela, Robert Rochefort du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) et tête de liste MoDem pour les européennes dans le Sud-Ouest avait donné une interview très pertinente sur le thème de "l'hyper-consommation c'est fini" dans le magazine "Challenges" fin-février dernier.
Il y brossait l'évolution sociologique de nos modes de consommation, ce qui préfigure l'avènement d'une nouvelle société de consommation plus qualitative que quantitative.
Cette évolution sera favorisée sans doute par la prise de conscience de plus en plus croissante du développement durable, ainsi que par la crise économique qui marquera, espérons le, la fin des bulles virtuelles et le retour à une économie de biens plus réels.
Le développement d'une économie "verte" recèle de nombreux potentiels et devrait permettre une véritable mise en œuvre du développement durable.
Cette mutation profonde de la société du 21e siècle devra donc s'accompagner de nombreux dispositifs, notamment dans le domaine de l'emploi et la formation, afin de favoriser cette reconversion économique.
Il ne s'agit donc plus de moraliser les anciens modèles qui ont dépassé leurs limites. Ni refonder le capitalisme ou le socialisme, mais développer un projet de société humaniste pour la France et l'Europe.
Le projet politique du MoDem fondé sur la social-économie, l'humanisme et le développement durable est particulièrement bien adapté à cette nouvelle donne.
La crise que nous vivons a revalorisé l'appel à l'intervention de l'état, tant décrié il y a encore peu. A l'instar du concept d'Economie dirigée qui s'était développé suite à la crise de 1929, les années qui viennent devraient appeler l'évolution vers un "Humanisme dirigé".
18:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humanisme, économie, emploi, projet, modem






